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Qu'est ce que c'est?
Le Contrat Première Embauche
- s'applique aux entreprises de +20 salariés, et sur les moins de 26 ans
- 2 ans de période d'essai donc rupture du contrat possible sans motif
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Les "compensations"
- les stages devront être rémunérés dès le 4e mois inclus
- une indemnité de 490 euros par mois pendant deux mois
aux jeunes qui se feront licencier à partir du 4e mois sans avoir
droit aux ASSEDIC.
- 3 ans d'exonération des charges patronales pour l'entreprise si
elle embauche en CPE un jeune au chomâge depuis longtemps
- 8% d'indemnité en cas de rupture de contrat
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L'arnaque
- Villepin donne l'impression de se soucier des jeunes en se souciant
ENFIN des stagiaires ou du moins d'une partie. Mais pourquoi ce tiers de mesure?!
Ce sont souvent les stages de 3 mois qui ne sont pas rémunérés,
ceux au delà le sont... Le problème pour les plus
de trois mois n'est pas l'absence
de rémunération mais plus le montant de la rémunération ou le fait qu'on enchaine stage sur stage...
Bref cet avantage est un faux-avantage, qui ne coute pas grand chose voir
rien aux entreprises puisqu'elle ne constitue d'avancée réelle
ni pour les moins de 3 mois, ni pour les plus de 6 mois...
- Encore une fois... pourquoi seulement à partir du 4e mois
et pendant deux mois uniquement?. Certes, c'est mieux que rien.
Mais à partir du moment où la période d'essai dure DEUX ans, il faut bien
un peu tenir la main du jeune vu qu'il sera rapidement mis à la porte,
question de flexibilité... mais pas trop longtemps : deux mois. Ces timidités dans
les compensations me font plus les associer à des manoeuvres destinées
à faire avaler la pillule aux jeunes, sans trop embêter les
entreprises plutot qu'à une volonté réelle d'aide les jeunes...
- D'ailleurs, le CPE est dans un sens moins pire qu'un CNE pour les jeunes.
Mais le gouvernement décide malgré tout de ne rendre le CPE applicable qu'aux
entreprises de plus de 20 salariés!... Pourquoi???? Ce gouvernement
ne veut que donner l'impression d'aider les jeunes mais pas au prix de retirer
un avantage accordée précédemment aux entreprises...
- La prime chômage est versée par le gouvernement.
N'en demandons surtout pas trop aux entreprises...
Pourtant le gouvernement ne peut pas vraiment se permettre financièrement d'autant "aider"
des entreprises pour exploiter des jeunes... On rappelle
les restrictions budgétaires et les suppressions d'emplois sur
l'Education Nationale, trop peu d'inspecteurs du travail,
le problème des retraites pour n'en citer que quelques uns !
Le contribuable va désormais payer pour sa propre précarisation...
- On n'en demande pas trop aux entreprises mais on leur donne
plus de cadeaux pour les encourager à anéantir l'emploi stable...
3 ans d'exonérations revient aussi à dire autant de revenus en moins pour l'Etat.
On peut commencer à faire une vraie croix
sur nos retraites, sur l'enseignement de nos enfants (dont le nombre de postes baisse énormément)
ou à l'aide de l'Etat aux plus démunis. Les cartes se posent
lentement mais surement pour désengager l'Etat
de la vie en société.
- 8%... Waouw c super mieux que rien ! Sauf que ça revient à 2% de moins que
l'indemnité "normale" de rupture d'un CDD... Au lieu de baisser
explicitement les indemnités (ce qui n'aurait pas plu aux salariés), on crée
un nouveau contrat, pas pour tout le monde histoire de ne pas avoir trop de
protestations à la fois, dont on enleve 1/5 de l'indemnité... Vu les autres problèmes
plus importants du CPE, ce coup de sabre passe quasi-inaperçu avant
de devenir la norme... C'est pas mal joué. Par ailleurs les CDD sont de toute
façon amenés à disparaitre chez les moins de 26 ans avec le CPE (dans la mesure
où un CDD est plus couteux et dure au maximum 18 mois).
- A partir du moment où le salarié travaille sous la menace permanente du renvoi
dès le moindre faux pas ("faux pas" très subjectif et variable selon les employeurs),
le salarié ne peut pas être épanoui. Or l'article L. 120-4 du Code du travail
prévoit que "le contrat de travail est exécuté de bonne foi".
Comment cela peut-il se concilier avec une rupture sans motif à donner?
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Les "progrès"
- les périodes de stage, CDD et d'apprentissage devront être décomptées de la période d'essai du CPE
- le CPE donne accès à des cautions pour le logement et au crédit bancaire : la fédération des banques française a pris des engagements dans ce sens.
- le droit à la formation s'applique dès la fin du premier mois d'activité
L'arnaque
- De la même façon, un CDD ne doit pouvoir être utlisé que dans des cas
exceptionnels : remplacement d'un salarié absent, accroissement
temporaire de l'entreprise, emploi à caractère saisonnier le tout en 18 mois
maximum; un contrat d'apprentissage ne devait pas être utilisé
pour un emploi stable (donc pas de "roulement" de stagiaire permis)...
Des combines existent : on change l'intitulé du poste par exemple.
La loi n'est pas appliquée et n'est pas prête de l'être avec les déficits
grandissant de l'Etat pour aider le patronat. Il ne peut y avoir que
de moins en moins de contrôles des entreprises.
- Sans parler du fait qu'on peut enchainer plusieurs CPE dans dans entreprises
différentes... Que dans une même entreprise, il suffit d'attendre 3 mois après
la fin du CPE pour pouvoir enclencher un autre CPE?. C'est pas une super dérogation ça? Le gouvernement
n'avait pas besoin d'être aussi "souple", il est trop bon de demander un intervalle de trois mois.
Il y a contradiction, soit le CPE stabilise comme
ils disent et on ne peut pas y additionner un CPE/CDD/Intérim/Stage,
soit il n'est même pas ça et précarise dans tous les sens : le gouvernement pouvait
simplement interdire d'enchainer un CPE apres un CPE (meme si c'aurait été
difficilement applicable, de la même façon qu'on n'est pas censé pouvoir enchainer plusieurs
CDD à la suite sur un même poste... ). Pour moi c'est clair maintenant. Il n'y a même pas
de la bonne foi dans les propos de Villepin... Tout n'est que manipulation.
"La période d'essai n'est pas de deux ans mais jusque
26 ans..." (www.stopcpe.net)
- Je demande à voir l'action des
banques... Ce serait stupide de leur part de prêter de l'argent à des
personnes qui peuvent être renvoyées du jour au lendemain pendant 2 ans...
Et meme s'ils le font, le problème n'est pas que le prêt. Comment un jeune
au chômage peut il le rembourser? Devra-t-il s'endetter?
- Le point droit à la formation n'est intéressant que dans le cas où le jeune
reste effectivement un certain temps dans l'entreprise... Sans parler du fait
que la formation dû peut être rattachée aux périodes de cours par exemple pour
les apprentis. Par ailleurs, je doute fortement que ce droit à la formation (ça coûte cher)
soit d'une façon générale très appliqué à l'ensemble des employés... je ne vois
pas pourquoi ce serait plus applicable sur des jeunes. Encore un faux avantage.
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Un dernier recours
- Il faut bien faire quelque chose contre le chômage.
- Si on n'aide pas les entreprises françaises, elles vont délocaliser là où la main d'oeuvre est moins chère
- Le CPE a été crée pour les jeunes peu qualifiés, les jeunes de banlieues.
L'arnaque
- Avant de faire quelque chose contre le chômage, il aurait été de bon augure
de ne rien faire contre l'embauche : en retardant l'âge de la retraite, en facilitant
le recours aux heures supplémentaires, en supprimant des milliers d'emploi dans
l'Education Nationale, en privatisant tout (une entreprise privée doit être
compétitive et est plus enclin à délocaliser par exemple... ce qu'une entreprise
nationale ferait moins)... toutes ces dernières lois ont empêché de nouveaux
emplois de se créer : les plus agés sont obligés de travailler plus longtemps alors
que les plus jeunes ne demandent qu'à les relayer, plusieurs heures supp peuvent
représenter un emploi supplémentaire !, etc. Combiné à l'effet du papy boom et les départs
en retraite en masse qui s'annoncent, le chômage ne pouvait que baisser. Mais
le gouvernement ralentit artificiellement ce processus "naturel"
avec ses mesures (plus les très nombreuses suppression d'emplois publiques dans l'Education par exemple...)
et ensuite invoque justement cet argument pour faire passer des
lois soit disant salvatrice d'un phénomène qu'il a contribué à amplifier!
- La faille de ce raisonnement est que, peu importe le nombre de cadeaux fait
aux entreprises, peu importe les subventions accordées, la main d'oeuvre des
pays en voie des développement sera toujours moins chère qu'ici... On ne peut
pas jouer sur les ressources humaines (coût, flexibilité ou durée de travail) pour rivaliser avec eux.
Il faut trouver autre chose : la qualité, le savoir, l'être fier d'un modèle social
qui assure un minimum, l'esprit, la fidélité de l'employé, son épanouissement qui en fait
un bon consommateur?, le "sans délocalisation" peut aussi etre un label vendeur... Bref je ne
suis pas spécialiste mais je sais que casser nos droits sociaux est une fausse solution,
très court terme et dangereuse.
S'il faut s'aligner sur les PVD alors
il faut aussi supprimer le SMIC, la Sécu, les ASSEDIC ! On est pas arrivés ! De plus,
il est quand même mieux de tirer ces pays vers nous plutôt que s'abaisser à leur niveau !
- L'argument des jeunes peu qualifiés est pas mal, c'est la toute dernière de Villepin.
Apparemment il aurait été mal compris... Le CPE ne concerne pas les étudiants, donc
ce n'est pas la peine de manifester. C'est pour les jeunes de banlieues qui ne font
pas d'études. Ca laisse la possibilité à la petite entreprise de donner sa chance
au jeune banlieusard, et il sera accompagné par un éducateur. Sauf que 1. le CPE n'est
pas réservé à eux. Qu'entre un jeune peu qualifié et un jeune qualifié on sait très
bien qui sera préféré pour le CPE. 2. Que cet argument est né "tout à coup" suite
à la forte mobilisation du samedi 18 mars. Villepin a peut être préféré détourner
la question en parlant des jeunes de banlieue, faute de trouver un avantage pour
les jeunes diplomés. 3. Que le CPE ne s'applique pas aux entreprises de moins de 20 salariés.
4. On ne manifeste pas que pour nous mais aussi par solidarité.
La stratégie de Villepin ici est la culpabilisation. "Les diplomés protestent contre un contrat
qui pourrait sauver les jeunes de banlieues. C'est de l'égoïsme". Belle diversion.
Mais alors pourquoi le CPE ne s'applique-t-il pas qu'à eux, les peu diplomés? Parce que
ce n'est pas le but...
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En conclusion, le CPE renforce la précarisation des
jeunes, vide des caisses de l'Etat pour financer cette précarisation, et
propose des avancées alléchantes, mais qui dans la réalité seront peu
applicables et appliquées. Car fondamentalement, les "avantages" du CPE
pourraient être légions, la plupart ne fonctionne que dans le principe où le
jeune survit aux deux années de peur constante d'être licencié dans l'
entreprise. Mais, tout le problème est là : rien ne le garantit
i>.
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--CPE Danger--
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